Mesures sur le logement :"Assurer à toutes les familles une sécurité logement tout au long de la vie".
Ségolène Royal fait du droit pour tous à un logement décent une de ses toutes premières priorités.
Dans son discours de voeux, Ségoléne Royal a proposé deux mesures pour répondre au problème des sans-logis :
- une "obligation dans chaque ville de créer une place d’hébergement d’urgence pour 1000 habitants" ;
- un "accompagnement humain pour permettre à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale".
La mise en place d'un droit au logement opposable est une priorité pour Ségolène Royal et pour les socialistes.
"Si ce droit doit bien évidemment être garanti pour les sans-logis, il doit pouvoir s'exercer plus largement, être universel et bénéficier à toutes populations qui ne sont pas en mesure de se loger seules".
Afin de donner corps à ce principe et pour garantir une "sécurité logement tout au long de la vie", Ségolène Royal a annoncé, lors de ses voeux aux français le 4 janvier, cinq mesures concrètes :
1)Promouvoir un vaste plan de construction de logements sociaux à loyer modéré.
"Deux Français sur trois réunissent les conditions de revenu pour accéder à un logement social à loyer modéré, et pensent que leurs enfants, quand ils se lanceront dans la vie, en auront impérativement besoin."
Il est donc urgent de relancer "la construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’Etat se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logement nécessaires. C’est donc à la puissance publique de jouer son rôle, pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale".
2) Créer un service public de la caution permettra d’assurer les impayés de loyer et d’éviter les expulsions"
3) Mettre "en location les nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et (...) les communes pourront procéder à des acquisitions-réquisitions"
4) Favoriser l'accès à la propriété par l’extension des prêts gratuits.Aujourd’hui, les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que notamment ceux qui ont fait l’effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété."
5) Aider, "avec les Régions, (...) à la mise en place d’un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.
En matière de logement, les français, en particulier les plus modestes, sont confrontés à une insécurité grandissante comme le rappelait récemment Thierry Repentin, sénateur socialiste de la Savoie: "De plus en plus de familles populaires et modestes n’arrivent plus à faire face aux loyers. D’autres ménages sont sur liste d’attente pour obtenir un premier logement ou espérer une mutation pour construire une famille. D’autres enfin sont condamnés à ne pouvoir choisir leur commune de résidence faute d’offre territorialement équilibrée."
Dès le printemps 2006, le Parti socialiste avait plaidé pour que soit inscrit dans la loi le principe du droit au logement opposable. Mais le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, avait alors jugé cette initiative « prématurée et irréaliste ». Le soudain revirement du gouvernement de ces derniers jours, pourrait prêter à sourire s'il n'était pas animé par un simple opportunisme électoraliste.
Ségolène Royal s'était entretenue à plusieurs reprises fin décembre avec les représentants de l'association les Enfants de Don Quichotte au sujet des Sans-Domicile-Fixe. "Il est insupportable,en 2006,qu'il y ait tant de gens qui dorment dans la rue. C’e st d’autant plus révoltant que c’est la même chose tous les ans. Chaque hiver, on fait mine de découvrir un problème qu’on s’empresse d’oublier dès le printemps venu. Et les annonces tonitruantes que le gouvernement a improvisées dans l’urgence n’y changent rien. La question de l’hébergement d’urgence se pose, c’est évident. Mais plus largement, il faut un vaste plan pour lutter contre la précarité. Que la grande pauvreté existe encore dans un pays comme le nôtre, voilà le scandale!" (Journal du Dimanche